Un souvenir d’interne..

Un autre souvenir d’interne ? Pourquoi pas, voici ….

  LE TRAQUENARD


L’action se situe au cours de mon année de 4è ( hiver 55-56). Les internes de 4è étaient logés au dortoir n° 2. Le 1 était le territoire de quelques secondes, premières et terminales. Je n’ai gardé le souvenir, ni des négociations, ni des plénipotentiaires, pas plus que de ceux qui ont finalisé le projet , mais, à l’évidence, un accord « pions-grands élèves » fut nécessaire.

Il s’agissait, un beau soir, et probablement pas n’importe lequel, peut-être une veille de Saint-Charlemagne, de quitter notre dortoir, en ordre de bataille, à savoir : pyjama, mais chaussures, bonnet garni de chaussettes, polochons « préparés » et de monter, le plus silencieusement possible, jusqu’aux portes du 1. Là, il était convenu que nous allions pouvoir, jouant de l’effet de surprise, investir le dortoir ennemi et en découdre.

Les bases du défi paraissaient établies…

Reconnaissons que les batailles de polochons étaient monnaie courante mais de durée et d’importance variables. Le nombre des participants fluctuait, au sein d’un même dortoir, en fonction des moments de la journée et de la qualité de la surveillance : il y avait par exemple, un « mouvement de dortoir » le samedi, après le repas. C’était l’un des temps les moins surveillés, et de plus, lorsque nous étions surpris en pleine action, la menace de sanction était reportée à une , voire deux semaines… De quoi voir venir !

Autre situation : un surveillant ( le pion) occupé à surveiller les ablutions dans les lavabos, où les aspersions sauvages étaient un autre de nos jeux innocents, ne pouvait évidemment pas contrer le déclenchement d’une bataille de « polacs », capable de concerner, en deux minutes la moitié d’un dortoir ! Et je ne parle pas des manœuvres de diversion….

Ces jeux répétitifs avaient fini par lasser quelques pions, d’où le projet, visant à vacciner les malades du traversin.

Les plus sévères affrontements opposaient de solides gaillards, ayant auparavant soigneusement tassé leur traversin en crin végétal( c’est une sorte d’alpha, herbe des hauts plateaux, qui sent bon le foin sec ) et réalisé une poignée dans le tissu restant libre. Cette masse d’armes, maniée adroitement, choquait les têtes, et, tournoyant, créait autour du combattant une zone de turbulence propre à faire hésiter les plus téméraires. Un coup bien appliqué sonnait la victime, assurance d’une bonne migraine.

Ces polochons, en crin végétal, de loin les plus nombreux, et les moins confortables, étaient rejetés, à la rentrée, au profit de ceux en plumes, mais recherchés lors des batailles, car plus efficaces, plus lourds, plus résistants et surtout plus faciles à regarnir en fin d’affrontement, après une « crevaison », chose qui se produisait de temps à autre, dans le feu de l’action. Ah, les plumes volant partout dans l’immense dortoir !!!

Bref, de là à espérer une confrontation inter-dortoirs, il n’y eut qu’un pas, que nous nous préparions à franchir, groupés en commando, polochons tassés à la main, derrière la porte du 1, d’où ne nous parvenait aucun bruit...

Il pouvait être 21h30, lorsqu’au signal, notre pion ouvrit prestement la porte, et nous ayant laissé pénétrer, referma aussitôt la porte derrière nous !

Surpris et déjà inquiets, cette manœuvre n’étant pas prévue dans les accords, nous découvrîmes, dans la pénombre (seule une lumière des lavabos était allumée) un espace dégagé, libéré des lits, eux-mêmes arrangés en une sorte de rempart, garni de quelques matelas. Curieusement, personne ne se montrait, et cette absence, s’ajoutant au silence relatif , fit monter l’inquiétude de quelques-uns d’entre nous. Les plus farauds, cependant, montraient une excitation croissante.

Notre groupe, fort d’une douzaine, avait à peine avancé dans le no man’s land, qu’une équipe compacte, hurlante, armée et organisée, fondait sur nous, et du haut de la barricade nous « tassait » copieusement et méthodiquement, tout en nous abreuvant d’injures, alors que la lumière venait d’être rallumée par leur pion.

La bataille fut homérique, à l’image de notre défense courageuse. N’ayant pas de point de repli possible, il nous fallut faire face, pendant de très longues minutes.

Cependant, contre toute attente, nous tenions… ( peut-être les grands, magnanimes et sûrs d’eux retenaient-ils leurs coups ?) jusqu’à ce que…. jaillissant du fond, un grand, très grand gaillard, connu et justement respecté ( il n’est plus ; j’aurai l’opportunité de lui rendre hommage plus tard) apparut au milieu de ses partenaires , brandissant le gros extincteur à eau du dortoir ! Pompant comme un diable, il se mit à nous asperger copieusement et avec précision, refroidissant notre ardeur et achevant notre déconfiture. Sonnés, grelottants, pyjamas ruisselants, il ne nous restait qu’à demander grâce.

Piteux, délivrés par notre traître de pion, nous quittâmes le lieu de notre défaite sous les quolibets, pour regagner nos lits, accompagnés des sourires goguenards des copains « pacifistes »

Cette bataille n’eut pas de suites chez les internes, autres que maux de tête. Elle fut assez brève pour que le BUD n’ait pas eu à intervenir ; en revanche, j’imagine que les pions concernés ont eu à rendre compte des désordres causés. Je suppose, à postériori, que les vainqueurs, rangeant et épongeant, mirent de l’ordre chez eux : c’était peut-être dans le
« contrat » !

  Michel GRANDJOUAN. interne de 55 à61 Chabanne

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