« The Grand Budapest Hotel »

THE GRAND BUDAPEST HOTEL

Un film de Wes Anderson

.......................... « Ne touchez pas à mon Lobby Boy ! » - Gustave H.

Ecrit par Elsa Guillemant et Amélie Guilloux.

Le nouveau chef-d’œuvre de Wes Anderson, « The Grand Budapest Hotel » dans les salles depuis le 26 février retrace les aventures de Gustave H., le concierge de ce célèbre hôtel et de son Lobby Boy, Zéro Moustafa.

I. Synopsis.
Au cœur d’un conflit d’héritage suite au décès d’une de ses fidèles clientes Madame D., Gustave H. se voit accusé de son assassinat par le fils de la défunte, qui souhaite à tout prix récupérer l’inestimable tableau « Le garçon avec la pomme » légué à Gustave, le concierge le plus apprécié de l’hôtel. Accompagné de son Lobby Boy, il décide de voler le fameux tableau. S’en suivront de nombreuses courses-poursuites plus burlesques les unes que les autres, à travers des décors aux allures de maisons de poupées, de paysages enneigés, toujours dans un style kitch et coloré, qu’on retrouve dans la plupart des films d’Anderson.

II. Critique.
1. La chronologie.

Ce qui fait le succès de « The Grand Budapest Hotel », et son unanimité à travers l’opinion des spectateurs et des critiques de cinéma, c’est en particulier la chronologie unique du film.
En effet, celui-ci commence avec une jeune fille ouvrant un livre, et une voix off débute la narration. On comprend alors que tout le film sera basé sur l’histoire écrite dans ce livre.
On sait par la suite que toute l’histoire est écrite par l’écrivain (joué pas Jude Law), qui reprend les mots de son entrevue avec Zéro Moustafa, qui avait eu lieu quelques années auparavant.
Ainsi, il y a une double narration : c’est l’écrivain qui raconte l’histoire, elle-même racontée par Zéro Moustafa à la base.

2. Le ton du film.

Ce qui rend le film aussi prenant, c’est le mélange subtil que Wes Anderson a utilisé entre un humour décalé et une histoire émouvante.
Alors que des courses-poursuites ridicules, des scènes pathétiques et des dialogues toujours plus comiques s’enchaînent, on reste touché par cette histoire d’amitié et de grande confiance entre le concierge et son Lobby Boy, ainsi que par les moyens entrepris par les deux personnages pour que le Grand Budapest Hotel garde sa digne réputation.
Une histoire d’amitié peu commune et d’un travail acharné très touchante, tout en restant comique.

3. Le décor.

Enfin, le véritable clou de ce spectacle aussi comique que dramatique, c’est le décor.
En effet, le Grand Budapest Hotel a des allures de véritable maison de poupée, mais les finitions sont si bien travaillées qu’il paraît plus réel qu’un simple jouet.
Aderson a été puisé son décor jusqu’en Allemagne, dans une petite ville réputée pour ses différents styles allant du gothique au baroque, en passant par l’Art nouveau.
C’est dans ce petit village de Görlitz que se trouve un immense magasin du XXe siècle, où ont été tournées toutes les scènes d’intérieures. Pour l’extérieur, des maquettes ont été utilisées.
Le réalisateur nous prouve là que chaque film est pour lui l’occasion de créer un univers complet, avec des décors raffinés et travaillés, qui émerveillent les spectateurs, des paysages qui laissent bouche-bée devant leur splendeur et leur réalisme. C’est tout un monde qui s’offre devant notre écran, un monde imaginaire dans lequel nous plongeons sans hésitation.

III. Conclusion.
« The Grand Budapest Hotel » compte officiellement parmi les plus grands chef-d’œuvres. Déjà nominée pour plusieurs prix, cette délicieuse histoire plaît décidément beaucoup aux spectateurs, le nombre de places vendues ne cessant d’augmenter.
Entre une chronologie complexe qui ne nous perd pas pour autant, une histoire au style trailer très comique, et un décor défiant ceux de Tim Burton, Anderson a visiblement réussi son retour sur le grand écran.

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