Commémoration officielle au Camp d’internement d’Aincourt

Ce samedi 6 septembre, une délégation de trois élèves de terminale ES 4 du lycée Pissarro conduite par M.Legendre est allée déposer une gerbe de fleurs au nom du lycée devant le monument commémoratif du camp d’Aincourt dans le Val d’Oise entre Magny en Vexin et Mantes la Jolie. En présence de nombreux élus dont la Présidente du Conseil départemental du Val d’Oise, Mme Cavecchi, représentants de partis politiques, syndicats et associations ainsi que d’une trentaine de jeunes ayant le matin même réalisé leur journée citoyenneté et défense dont certains du lycée, cette cérémonie fut ponctuée de discours, de dépôts de gerbes et d’une évocation théâtrale. La rencontre avec des anciens, dont Mme Frania Eisenbach Haverland, déportée et rescapée des camps de Plaszow puis d’Auschwitz fut un moment fort pour nos élèves qui assistaient là à leur première cérémonie commémorative.

Le lycée Pissarro n’est pas venu les mains vides
Trois élèves de T4ES encadrés par M. Legendre, Mme Jumelais, M. Vergne et Mme Chenu
Lou P., Antonin B. et Tristan M. de la T4 ES
Rappel historique
Le 5 octobre 1940 un Camp pour les internés politiques est créé à Aincourt pour accueillir des internés résistants, syndicalistes, souvent communistes et juifs dans les bâtiments de l’ancien sanatorium d’Aincourt, sur le site de la Bucaille.
Conçus à l’origine pour 150 malades, les locaux sont rapidement surpeuplés : en janvier 1941, on compte 600 présents, et jusqu’à 667 au début de juin.

Dès le 5 octobre 1940, 182 communistes, considérés comme « dangereux pour la sécurité publique » par la préfecture de police de Paris, sont internés à Aincourt. Parmi eux 2 députés de la Seine, 15 conseillers généraux, 40 conseillers municipaux et deux membres « importants de l’ex CGTU », selon un rapport préfectoral à Vichy. Le préfet de Seine-et-Oise exécute une pareille rafle dans son département. Et fin octobre, le camp d’internement renferme déjà 367 hommes.

Le camp des hommes ferme en mai 1942 et les femmes arrivent en mai 1942 venant du camp de Châteaubriand. Le camp fermera définitivement le 15 septembre 1942 et les femmes sont livrées par la police de Vichy à la gestapo. Déportées à Ravensbruck, peu d’entre elles reviendront. Le camp d’Aincourt fut officiellement dissout en septembre 1943.

Plus de 1 500 personnes seront internés à Aincourt dont la plupart seront fusillés ou déportés dans les camps de concentration nazis.

Aincourt fut le seul camp pour des internés politiques en France. L’Association « MEMOIRE D’AINCOURT » créée pour commémorer le souvenir du camp d’internement d’Aincourt, situé sur le site de la Bucaille, dans l’ancien sanatorium, où 1 500 personnes seront enfermées de 1940 à 1942 perpétue la mémoire de celles et ceux qui en furent les victimes. Les derniers témoins de cette page d’histoire sombre viennent de s’éteindre.

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